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blog: 2001 - Added press articles about Gitoyen

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Title: Des associations créent un groupement d’intérêt économique.
Author: Benjamin Sonntag
Category: Press
Tags: press, journal
Date: 2001-02-20 00:00
« On n’a rien contre le business, mais on défend une autre idée : celle d’une appropriation du réseau par le public. » Laurent Chemla
C’est un mot qui n’existe pas dans le dictionnaire, mais qui est malgré tout assez parlant : « Gitoyen ». Il s’agit en l’occurrence d’un GIE (groupement d’intérêt économique) créé le 9 février entre des associations toutes attachées à un idéal : l’Internet non marchand. Objectif : mettre en commun leurs moyens techniques et humains afin de garantir aux associations et aux particuliers une offre complète de services Internet - accès, hébergement de sites et dès que possible liaison ADSL (à haut débit) - à prix quasi coûtant. Ce qui éviterait de passer par les entreprises habituelles du marché, promptes à placer des bandeaux publicitaires sur les sites ou à facturer leurs services au prix fort. La formule d’un « GIE d’associations » est assez peu conventionnelle. C’est celle qu’ont retenue ses pères fondateurs qui sont aussi deux figures de l’Internet indépendant : Valentin Lacambre et Laurent Chemla. Deux obstinés : le premier a créé le service d’hébergement gratuit Altern.org, et le second l’Ecole de l’Internet, destiné à promouvoir l’usage du réseau.
Pour eux, la constitution d’un GIE « associatif » est une étape supplémentaire dans l’édification d’un Web indépendant des pressions économiques. « On n’a rien contre le business, mais on défend une autre idée : celle d’une appropriation du réseau par le public, explique Laurent Chemla. La liberté d’expression appartient à tous. Elle n’a rien à voir avec une logique marchande. » Certains naïfs s’étonneront sans doute que des associations se trouvent ainsi en première ligne pour défendre ce qui s’apparente de fait à un service public. « Les besoins sont importants », soulignent simplement les deux militants.
Noyau alternatif. Pour construire leur GIE, Lacambre et Chemla se sont associés avec de vieilles connaissances. On trouve ainsi à leurs côtés l’association French Data Network (FDN), un des tout premiers fournisseurs d’accès à l’Internet en France. Globenet, hébergeur gratuit d’une multitude d’associations et syndicats, dont la Confédération paysanne ou Aides. Netaktiv, portail alternatif. Placenet, association proposant des liaisons ADSL à prix réduit. Et, pour finir, Gandi, la Sarl que Lacambre et Chemla ont créée ensemble l’année dernière pour vendre des noms de domaine (les fameux www.truc.com), là encore quasiment à prix coûtant (200 000 noms attribués). Bref, entre la mutualisation des moyens techniques (modem, machines, bande passante) et partage des connaissances des uns et des autres, « Gitoyen » fait une démonstration d’économie solidaire. « Pourtant, on n’a rien d’original, soutient Chemla. L’Internet est foutu comme cela. Il est solidaire, basé sur l’entraide. Le GIE n’est que la concrétisation de cette manière de fonctionner. »
Fortification. C’est aussi un paratonnerre, une petite fortification destinée à protéger ses membres. Au coude à coude, les associations qui constituent Gitoyen seront a priori moins vulnérables. On se souvient que Valentin Lacambre avait dû renoncer l’été dernier à maintenir l’activité d’Altern.org, trop régulièrement appelé à se justifier devant les tribunaux. Et condamné. Sans trésorerie, seul, Lacambre s’est finalement retrouvé à genoux. La vocation affichée du GIE n’est cependant pas d’assurer les moyens de défense de ses membres. Mais il est sûrement plus dissuasif.
C’est qui déjà qui disait que parfois la réalité dépasse l’infection... ?
Par Marie-Joëlle Gros, Libération du 20 février 2001.
Title: Gitoyen ? Une idée ridicule d’aujourd’hui
Author: Benjamin Sonntag
Category: Press
Tags: press, journal
Date: 2001-02-28 00:00
À part le jeu de mots douteux sur la structure juridique (Gitoyen est un
Groupement d’Intérêt Économique, c’est à dire un regroupement de personnes
morales dans un but bassement matériel) et sur le mot le plus utilisé dans le
vocabulaire politique (« Faisons un débat citoyen au Café du Commerce »), qu’y a
t-il derrière ce truc ?
Gitoyen n’existant que par ses membres, commençons par eux : Gitoyen regroupe
cinq entités, trois associations et deux entreprises vachement citoyennes.
Placenet, FDN, GlobeNet, Netaktiv et Gandi ont formé ensemble le GIE le 9
février 2001. D’autres les rejoindront bientôt, espérons-le. Toutes ces entités
sont bien connues de nos lecteurs... FDN a été le premier fournisseur d’accès
Internet en France, GlobeNet un des premiers fournisseurs d’accès au réseau,
Netaktiv est créé par les gens d’Internatif, un autre pilier de l’Internet
non-marchand en France, et Gandi est l’entreprise de voleurs bien connue.
Tous ont le même but : un Internet qui ne soit pas uniquement un cybermarché. Un
Internet non-marchand, on dit souvent. Mais attention : il ne s’agit pas de
gérer une réserve d’Indiens, un petit ghetto où quelques libertaires
soixante-huitards attardés connecteraient au réseau un PC 486 via une ligne à
2400 bits par seconde, afin de distribuer des pages Web en noir et blanc et un
message chiffré avec PGP de temps en temps. Il s’agit d’un Internet vivant,
riche, bien plus intéressant que www.nimportequoidumomentqueçafaitvendre.com.
Cela coûte cher, hélas. Rien que pour se connecter au réseau en permanence, en
position d’héberger des serveurs (Web, courrier, Freenet, etc), il faut des
lignes spécialisées, à débit élevé et à facture plus élevée encore. Merveille de
la nouvelle économie, on fait payer les pauvres plus chers que les riches ! Plus
un tuyau numérique est gros, moins il coûte cher. D’où l’idée de se regrouper.
Gitoyen pourra donc acheter directement aux opérateurs de télécommunications (et
pas à un fournisseur Internet qui prend sa part au passage), pourra avoir
plusieurs connexions à Internet (donc ne pas dépendre d’un seul fournisseur) et
pourra être un acteur des télécommunications, pas un simple client.
Cela ne se fera pas en un jour. Pour l’instant, on essaie déjà de mettre
modestement un pied dans ces grandes salles où les opérateurs se connectent, de
façon à être le plus proches possible des grandes dorsales de l’Internet. On y
mettra nos machines et roulez, jeunesse. Les membres de Gitoyen pourront alors
héberger leurs serveurs dans de meilleures conditions et pour moins cher.
Ensuite, ce sera chaque membre qui fera à son idée. Certains envisagent de
développer les connexions ADSL à prix intéressant, d’autres veulent héberger des
serveurs Web, d’autres vendront ou donneront tel ou tel autre service.
Ça ne marchera pas ? Ce n’est pas réaliste ? Vous n’y connaissez rien, mon jeune
ami ? (Cela, c’est exact, j’ai juste commencé à lire les documents RIPE.) Tout
cela est vrai. L’Internet ne pouvait pas marcher non plus. Impossible. C’est
forcément un accident. Ni les logiciels libres. Une idée absurde. Gitoyen est
l’idée ridicule d’aujourd’hui.
par Stéphane Bortzmeyer
Title: Gitoyen, une "salle des machines" associative.
Author: Benjamin Sonntag
Category: Press
Tags: press, journal
Date: 2001-08-15 00:00
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Des hébergeurs, des fournisseurs d’accès et de noms de domaine prônant l’autogestion, le partage des coûts et la solidarité... Les "marchands" du Net n’ont qu’à bien se tenir !
Eté 2000 : après de multiples procès gagnés ou perdus, et las de subir un certain nombre d’attaques, Valentin Lacambre, créateur d’Altern, renonce à la partie " gratuite " de son activité d’hébergeur. Il n’abandonne pas pour autant son cheval de bataille - l’Internet solidaire et non marchand, autrement dit l’Internet par et pour ceux qui l’utilisent. Il propose que d’autres reprennent le flambeau en créant, à partir de ses logiciels, de nouveaux services pensés pour être gérés de la manière la plus horizontale possible par leurs utilisateurs. Ouvaton, une coopérative d’hébergement numérique soutenue par une association (" Ouvaton les amis "), est l’un des premiers à répondre présent.
Dans le même temps, un autre projet voit le jour. Baptisé l’Autre Net, l’initiative vise le partage équitable des coûts d’hébergement et des responsabilités entre tous les utilisateurs. " Comme Ouvaton, l’Autre Net est un projet politique, animé par une résistance à l’un des volets du projet de loi sur les nouvelles technologies qui vise à transformer les hébergeurs en censeurs des sites hébergés et en contrôleurs des utilisateurs. La différence tient principalement dans le mode d’administration de l’activité. A l’Autre Net, tout le monde peut être intégré à condition de s’investir dans la gestion ", explique Erick Aubourg, directeur de Globenet, hébergeur associatif.
Une AG virtuelle
L’Autre Net, devenu une association et bénéficiant d’une petite subvention du secrétariat d’Etat à l’Economie solidaire, revendique en effet un mode de fonctionnement autogéré. Celui-ci repose sur une assemblée générale (AG) permanente en ligne qui permet à chacun de donner son avis, de créer des groupes de travail spécifiques ou d’y participer, de proposer le cas échéant la fermeture de sites hébergés... " Ce n’est pas à l’hébergeur de décider de ce qui est légal ou non. Si un juge exige la fermeture d’un site, on obéira. Mais le choix de maintenir ou non l’hébergement d’un site peut aussi être fondé sur une décision prise par l’assemblée, simplement parce qu’une majorité des membres refuse d’héberger certains contenus ", poursuit Erick Aubourg. Autre particularité : la structure ne repose pas sur un conseil d’administration, et le bureau, simple exécutif, n’a pas de pouvoir décisionnaire. Seule l’AG virtuelle vote les décisions, décide des choix stratégiques. Les groupes de travail peuvent être mis en place (pour la technique et la gestion notamment) de façon permanente ou ponctuelle. " Il n’y aura pas d’AG physique ni d’instance de pouvoir, affirme le directeur de Globenet. Quant au risque d’héberger des sites " pédo-nazis ", je ne pense pas que le problème se posera. Et si c’était le cas, ils seraient certainement très vite supprimés par les autres utilisateurs. "
Mutualiser les coûts
Sur ce premier projet non marchand, se greffe une seconde idée à l’automne 2000. Le serveur de l’Autre Net, offert par Valentin Lacambre et destiné à accueillir de nombreux " locataires ", est hébergé chez Globenet en attendant que les membres de l’association puissent payer leur bande passante [1]. Au même moment, Globenet recherche un prestataire pouvant lui fournir une capacité de transmission de données plus importante. L’idée germe alors de partager les coûts des bandes passantes respectives des différentes structures, ce qui conduit à diminuer fortement le prix supporté par chacune.
Fin 2000, la discussion s’ouvre à d’autres partenaires, qui expriment les mêmes souhaits ou les mêmes besoins. Les interlocuteurs pousseront cette logique de mutualisation jusqu’à imaginer la création d’une " salle des machines " associative, cogérée et dont les utilisateurs partageraient les coûts. Le projet prend corps en mars 2001 : Placenet (association proposant de l’ADSL à prix coûtant), Gandi (fournisseur de noms de domaines à bas prix), French Data Network (fournisseur d’accès associatif), Netaktiv (fournisseur d’accès et de services Internet associatif) et Globenet [2] fondent Gitoyen, un groupement d’intérêt économique (regroupement d’organismes aux statuts différents), chacune des structures déléguant une personne à l’administration du GIE. "Gitoyen est au service de ses membres : cet outil permet d’acheter de la bande passante en gros, de donner à chacun des moyens de mettre en place ses propres projets (ADSL, hébergement de serveurs...). A terme, il existera un véritable réseau d’acteurs susceptibles de proposer des offres peu coûteuses, alternatives à celles des prestataires marchands, allant de l’accès Internet à la prestation sur les noms de domaine en passant par l’hébergement de serveurs, la fourniture de bande passante et autres services", conclut Erick Aubourg. Dès septembre prochain, les internautes pourront profiter de ces multiples services… Encore un peu de patience !
Anne Dhoquois
* [1] Bande passante : capacité des " tuyaux " (câbles, satellites, réseaux de télécommunications de toute nature) à transmettre un certain volume d’informations, de données numériques.
* [2] Globenet, French Data Network (FDN) et Netaktiv devraient prochainement mutualiser leurs services d’accès au Net. En prévision : un numéro d’accès national en tarification locale directement géré par les trois partenaires, ainsi qu’une réévaluation à la baisse des tarifs d’accès pour les membres.
Title: Les pionniers du Net alternatif non marchand veulent investir leurs profits.
Author: Benjamin Sonntag
Category: Press
Tags: press, journal
Date: 2001-12-05 00:00
A FORCE DE PARLER des déboires des dotcoms, on oublie souvent les succès
commerciaux des "dotnets", les start-up techniques qui, en coulisse, contribuent
au bon fonctionnement de l’Internet et améliorent constamment ses performances.
Ainsi, la société française Gandi (Le Monde du 14 juin 2000), l’un des nombreux
"registrars" habilités à vendre des noms de domaine en.com, .net, .org et .info,
va dégager en 2001 près d’un million d’euros de bénéfices, alors qu’elle emploie
seulement huit personnes - les quatre associés, qui y travaillent à temps
partiel, et quatre salariés.
Ce résultat est une surprise pour Valentin Lacambre, pionnier de l’Internet
alternatif non marchand, et fondateur de Gandi, ainsi que de l’hébergeur Altern
et de l’opérateur télécom Gitoyen : "C’est bizarre ce qui arrive, je n’avais pas
prévu de faire de la thune avec ça, ce n’était pas le but, je crois que nous
sommes les moins chers du monde." Cela dit, cet argent est le bienvenu : "Avec
mon associé Laurent Chemla, on s’est dit : soit on se barre à la campagne avec
le fric, soit on considère que c’est un trésor de guerre, à utiliser pour faire
des trucs chouettes." Après réflexion, les deux amis décident que, en cette fin
2001, le truc le plus chouette serait de créer un nouveau magazine, non pas sur
le Net, mais un magazine-papier vendu en kiosque : "Nous allons financer un vrai
journal d’opinion, qui soit vraiment de gauche.
Elle est où, aujourd’hui, la presse non guerrière ? Nulle part. Qui s’est
vraiment battu contre la loi ultrarépressive sur la sécurité quotidienne ? Qui
se bat aujourd’hui contre les clauses liberticides contenues dans le projet de
loi sur la société de l’information ? Personne. Ce sera notre rôle."
Cela dit, MM. Lacambre et Chemla savent que, comme l’Internet, la presse est un
métier qui ne s’apprend pas en un jour : "Pas question pour nous d’avoir de
responsabilités éditoriales, nous laisserons ça au secteur associatif, qui a
beaucoup de choses à dire. Nous sommes en contact avec une vingtaine de
personnes venues des réseaux alternatifs, des fanzines Internet et même de la
presse classique." Bien sûr, le futur magazine, probablement un bimensuel, ne
fonctionnera pas comme une entreprise de presse ordinaire : "Ce sera un journal
en participation, on ne créera pas de SARL. Les journalistes ne seront pas
salariés, ils toucheront un pourcentage sur les ventes." Titre de travail
provisoire : ./, lire point-barre.
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